St Romain sous Versigny en 1726 (2)

Sources : NAEN (Nos Ancêtres et Nous) revue des sociétés généalogiques de Bourgogne

L’année 1726 a été l’une des plus réglée qu’on ay eu depuis longtemps. Chaque saison dans son temps et ce qui est assez rare dans ces provinces, où ordinairement on passe d’un grand froid à une grande chaleur et d’une grande chaleur à un grand froid. Le printemps a été un véritable printemps où la chaleur s’est insensiblement mélée de petites pluies douces sans aucunes gelées ni matinées fraiches, a donné avec l’été et l’automne tout ce que l’on pouvait attendre de la mauvaise disposition de l’année précédente.

Les deux diminutions de prix des espèces des mois de janvier et février ont fait disparaître l’argent et ruiné le commerce qui est l’âme d’un état. Monseigneur le Duc pour y remédier, fit fabriquer en avril de nouvelles espèces dont il mit les écus à 5 livres, et les lois d’or à 20 livres. Mais n’ayant pas eu le succès qu’il attendoit de sa politique, il augmenta ceux cy de 4 livres et ceux la d’une livre ce qui n’a pas répondu à ses bonnes intentions.

Dans le mois de juin, le Roy jugea à propos de prendre luy même en main les rênes de son état et relégua pour ses bons services Monseigneur le Duc dans la maison de Chantilly où il est actuellement bien gardé. Il fit faire par tout le royaume des prières pour obtenir du Souverain Roy pa l’intercession de tous ses sujets, les graces nécessaires pour les bien gouverner. Salomon eu très bien fait de demander à Dieu en bien gouvernant les juifs de faire son salut. Sa Majesté la surpassé en ce genre de sagesse.

Monseigneur de MONCLOY notre évêque s’avisa quelques jours avant le synode des archiprêtres de faire imprimer des ordonnances grosses et massives qu’il appela synodalas et qu’il distribua dans cette assemblée le 9 de may. Heureux ceux qui étoient bien montés, leurs chevaux avoient plies sans doute sous le poid d’un si pesant fardeau et auroient succombés. Les archiprêtres de Beaune et de Nuits, se défians des leurs comme ils devoient en sen retournant traverser les chaumes d’Annenet évitèrent la charge, ces messieurs allarmèrent tous les curés dans le synode particulier qui la renièrent et déclarèrent furieusement contre.

Ces ordonnances nouvelles qui obligent tous les curés à faire le prone et les cathéchismes au moins tous les quinze jours une jois, de n’avoir aucune servante qui n’eut 44 ans accomplies sous peine de suspense encourue par ce seul fait, menaçaient sous les nomes peine de défendre la chasse et d’obliger à porter la soustane dans le lieu de sa résidence. Les archiprêtres de Beaune, Nuys, Chalon, Saulieu et d’Arnay le Duc en ont apellés comme d’abus. Le procès de poursuit à Dijon ; nous voirons ce qu’il en sera

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