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C'est dire que les occasions des querelles de bornage étaient
nombreuses avec Cluny dont le rayonnement était alors à son
sommet. Des querelles qui, au XIIe siècle, allaient prendre un
ton tel qu'à deux reprises, des rois, Louis VII d'abord, puis
Philippe-Auguste, durent intervenir.
En 1180, Philippe-Auguste obligea les seigneurs qui
avaient attaqué Cluny à restituer les biens dont ils s'étaient
emparés.
Au XIIIe siècle encore, les querelles se poursuivaient. En
1204, les bourgeois de Cluny se plaignaient des "maux
innombrables" qu'ils enduraient de la part des hommes du
château de Brancion "lesquels hommes", selon
les termes d'une vieille chronique, "descendaient à mains
armées et en grand nombre et commettaient d'injustes exactions
sur les terres de Cluny". Il fallut l'intervention de l'évêque
de Chalon, Robert, et de la comtesse Béatrix, pour ramener la
paix. La dame de Brancion, Alix de Chalon, dont le mari Josserand était
mort alors qu'il s'apprêtait à partir, avec Philippe-Auguste,
pour délivrer le tombeau du Christ que Saladin menaçait
de détruire, jura, devant l'évêque de "laisser
en paix les bourgeois de Cluny". Ses fils Guillaume et Bernard,
s'associèrent à ce serment.
Les relations de Brancion et de Cluny n'en furent pas
moins, à maintes reprises, empreintes de confiance et de déférence.
En 996, Letband de Brancion, évêque de
Mâcon, prit l'habit de Cluny où, nous dit Courtépée "il
finit saintement sa vie".
Au XIIe siècle, Bernard de Brancion, avant de
partir en croisade, avait cédé à Cluny son château
de Boutavant contre la maison que l'abbé possédait à Beaumont.
En 1230, Etienne de Brancion fut le 21e abbé de Cluny.
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