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Le Continuateur de Nangis a pu écrire "qu'on
n'avait jamais entendu, jamais vu, jamais lu que dans les temps passés,
une telle multitude de gens aient péri".
Dans l'affolement de la misère, on chercha des responsables
; on accusa les Juifs, dont certains furent condamnés pour "machinations
diaboliques ".
C'est de cette épreuve que parlent les vieux proverbes
bourguignons. "En 1348, à Nuits, de cent, restèrent huit".
Et celui de Beaune "En 1349, de cent ne demeuraient
que neuf".
Les vieilles chroniques rapportent que furent instituées à Dijon,
des femmes appelées "héridesses", dont la mission était de
soigner les malades, de faire leur lessive et d'ensevelir les morts.
Des dijonnais s'étant réfugiés à Gevrey, y portèrent
la peste en 1349. On rapporta qu'à Rully, il ne resta que dix ménages
; Verdun-sur-le-Doubs fut réduit à treize familles.
Le duc Philippe le Bon fut avec ses sujets dans cette épreuve,
visitant les bourgeois et les paysans.
"Son arrivée dans une ville, dit J. Chaumont,
son passage à travers les campagnes, étaient salués par des acclamations
unanimes. Jamais prince ne fut plus populaire en Bourgogne que Philippe
le Bon, qui s'intitulait volontiers "le duc des bons vins".
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